lun.

26

juil.

2010

Lectures de l'été 3 : "L'Archipel du Goulag", tome 1 d'Alexandre Soljénitsyne

 

J'ai donc terminé la lecture de ce tome premier. C'est le premier livre d'Alexandre Soljénitsyne que je lis et je suis encore sous le choc. Ce n'est pourtant pas le premier livre que je lis sur le communisme réel, j'avais déjà lu entre autres le "Livre noir du Communisme" et "J'ai choisi la liberté" de Victor Kravtchenko.

Mais Soljénitsyne a un grand talent d'écrivain et son livre est passionnant. Il ne se borne pas à raconter ce qui lui est arrivé mais parle aussi de ce qui s'est passé avant lui, ou du moins, de ce qu'il a pu en reconstituer car évidemment les communistes russes faisaient tout pour que leurs crimes restent secrets. Il consacre aussi beaucoup de pages à rendre compte de ce que d'autres détenus du Goulag lui ont raconté. Il fait preuve aussi d'un certain humour sombre et désespéré et citent de nombreux écrivains russes. Il est très intéressant de voir comment les idées elles-mêmes de Soljénitsyne évoluent peu à peu, comment il est marxiste-léniniste convaincu au moment de son arrestation en 1945 et comment peu à peu il va prendre ses distances avec ces idées totalitaires ou comment il pense d'abord que le grand responsable de la situation misérable de la Russie est Staline avant de comprendre que dés Lénine, les bolcheviks se conduisaient en criminels et en assassins.

Quand on pense aux innombrables personnes qui encore aujourd'hui défendent les idées communistes ou se montrent complaisantes à leur égard, on ne peut que trouver l'attitude de ces personnes abjecte et répugnante.

En tout cas un livre à lire absolument.

A bientôt,

Sylvain

 

Citation :

"Voilà sans doute ce qui se produisait : deux administrations distinctes interféraient. Celle chargée de l'instruction et des procès (les membres du Collège militaire m'ont assuré que c'était tout un) s'efforçait de découvrir des complots aussi terribles que cauchemardesques et ne pouvait pas ne pas infliger aux criminels le châtiment qu'ils avaient mérité : la mort. Mais une fois le verdict de mort prononcé, inscrit au compte de l'instruction et du procès, ces fantoches qu'on appelait des condamnés ne l'intéressaient plus : comme, en réalité, il n'y avait pas de sédition, rien dans la vie de la nation ne changeait, que ces condamnés fussent morts ou restassent en vie. Désormais, ils étaient entièrement à la charge de l'administration des prisons. Celle-ci, étroitement liée au GOULAG, considérait les détenus d'un point de vue économique. Son ambition était non pas d'en fusiller le plus possible, mais d'expédier le maximum de main d'oeuvre sur l'Archipel."

Alexandre Soljénitsyne : "L'Archipel du Goulag" tome 1, éditons du Seuil, 1974, page 319.

Editions du Seuil (1974). Editions du Seuil (1974).

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