jeu.
19
août
2010
Dominique Raymond Poirier, une citation
Naissance d'une classe politique :
« (…) Le gain ne leur suffit pas curieusement. Ils pourraient arriver au même résultat sans aller jusqu'à en faire des tonnes comme ça, bien souvent. Seulement non... Il faut
obligatoirement, on dirait, que ce soit aussi cynique et amoral que possible. Au point qu'on pourrait se demander si les moyens ne sont pas plus importants pour eux que la fin. Ce qu'ils
recherchent toujours – je n'ai encore jamais vu une exception dans toutes leurs arnaques – c'est qu'elles soient accompagnées d'une grande souffrance morale pour leurs victimes. Ça ne t'a pas
frappée ?
(...)
- Moi, si, ajouta-il. C'est pourquoi j'en suis maintenant arrivé à me demander si le critère véritablement important, pour être admis chez les Philosophes-humanistes, ce ne serait
pas une déficience mentale particulière à laquelle personne ne fait attention, mais que eux repèrent rapidement puisque c'est une caractéristique qu'ils partagent en commun, justement.
Les criminels s'associent bien entre eux. Pourquoi pas les narcissiques et les psychopathes ? C'est bien un critère de sélection pour être officier traitant et accomplir les basses besognes,
au Ministère de l'Action citoyenne... Alors pourquoi pas là aussi... Ils ne sont pas plus bêtes que d'autres, à part leur déficience mentale... Même les gangsters s'en moquent, se savoir ou pas
que leur victime souffrent, dés l'instant qu'ils ont le fric.
Mais pour les Philosophes-humanistes, c'est important, jusqu'à preuve du contraire... Un individu équilibré, ce serait au-dessus de ses forces morales, de son entendement, de faire
des trucs pareils. Ça l'empêcherait de dormir la nuit, après. Il deviendrait dépressif. Mais pas eux, bizarrement. Eux, ça les fait rire, au contraire. Imagine qu'un psychopathe et un narcissique
se mettent d'accord. Qu'ils se disent un truc du genre, "les gens nous détestent pour ce qu'on est, mais nous on est quand même plus fort qu'eux. On peut faire des trucs qu'eux ne peuvent pas. Ce
sont des faibles, des agneaux inoffensifs et vulnérables. Si on fait équipe et qu'on cherche d'autres personnes comme nous pour constituer une bande ; alors en bande organisée on va faire des
ravages... On va prendre notre revanche sur ces faibles qui se croient normaux et mieux équilibrés que nous, et on va les soumettre à notre volonté. Ce sont eux qui seront alors les anormaux,
enfin. Et nous, nous serons les chefs." Ça ne te paraît pas possible, ça ? »
Dominique Raymond Poirier : "Grandoria" (2010), page 707.
Tu peux courir !



























