ven.

04

mars

2011

Quelques mots sur "C.A.S.P.E.R." de Dominique Raymond Poirier

 

Je suis toujours un peu méfiant devant les textes de Science Fiction abordant les question religieuses. Il s'agit souvent en fait de textes faisant un prosélytisme plus ou moins apparent comme les très surestimées nouvelles de Ted Chiang (superstitions issues de l'Ancien testament + idéologie politiquement correcte = peut-être le mélange le plus détestable) ou comme le texte classique d'Arthur C. Clarke : "L'Etoile" (1). Encore que dans ce dernier cas, il s'agisse peut-être plus d'un "exercice de style" que d'autre chose.

 

Etant athée, j'ai du mal à trouver intéressants des textes qui mettent en avant des idées fausses et je trouve que les réussites sont rares dans le domaine de la "théologie-fiction" - si on met à part "Car je suis un peuple jaloux" (1) de Lester Del Rey bien sûr.

J'étais donc un peu dubitatif et hésitant après avoir lu la présentation de l'auteur et avant d'entamer la lecture de "C.A.S.P.E.R.", le dernier roman de Dominique Raymond Poirier.

Deux lignes narratives principales se partagent ce texte.

Tout d'abord, il s'agit d'un roman sur le thème de l'intelligence artificielle : un centre de recherche du MIT a mis au point une forme d'intelligence informatique qui s'échappe de son serveur natal pour envahir Internet provoquant ainsi l'inquiétude de ses concepteurs.

Parallèlement, le roman raconte le destin de John Mitchell, un (relativement) modeste employé de banque qui a pour signes distinctifs d'être né à minuit un 24 décembre, d'avoir eu des parents qui se prénommaient Mary et Joseph et d'avoir eu un père charpentier. Tout cela constitue un héritage parfois un peu lourd à porter pour lui.

Le récit démarre réellement quand les chercheurs du Seti (un projet dont le but est d'écouter les signaux en provenance de l'espace afin d'y déceler d'éventuels messages extraterrestres) captent un signal provenant d'une zone apparemment vide de l'espace. Une fois décrypté, ce signal donne les coordonnés géographiques de la maison de John Mitchell...

Comme ce dernier se met à avoir des convictions religieuse fortes - il se fait baptiser à l'église épiscopale de sa ville - la suite du roman fait une grande place à l'intervention des prêtres qui gravitent autour de Mitchell et même le Pape fait plusieurs apparitions (sans jeu de mots)...

Le problème essentiel posé par ce roman - et par l'auteur dans sa préface - est de savoir si l'être humain n'a pas été créé (sic) avec la potentialité de créer un jour à son tour, et grâce au progrès scientifique et technologique une sorte de Dieu...

Les points forts de ce récit sont la narration très intéressante et qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la fin - je me suis longtemps demandé où l'auteur voulait en venir (ce qui est plutôt une qualité) et l'évolution psychologique de John Mitchell qui n'est jamais ridicule même s'il semble un peu dépassé par les événements. Après, il faut adhérer à ce genre de sujet et aux discussions qui émaillent le roman. Certains événements, dont je ne parlerai pas ici, sont également un peu prévisibles mais vu le sujet du livre, ils sont d'une certaine façon inévitables. Et puis la fin est ouverte, ce qui est un choix possible mais peut être un peu frustrant pour certains lecteurs. Je dirais que l'auteur a l'intelligence de ne pas trancher entre plusieurs interprétations possibles, ce qui renforce l'intérêt de ce roman.

Un roman recommandé donc à ceux qui s'intéressent au thème de l'intelligence artificielle et que les questions religieuses ne rebutent pas.

A bientôt,

Sylvain

 

(1) : texte présent dans "Histoires divines", éditions du Livre de Poche, n°3782, collection "La Grande Anthologie de la Science Fiction". Cette anthologie est remarquable et tous les textes de ce volume sont à lire.


P.S. : je profite de ce post pour annoncer la sortie prochaine de « 3 Mon Monde » le prochain roman de Dominique Raymond Poirier.

Quelques mots de l'auteur : 

 

"« 3 mon Monde » est une nouvelle appartenant aux genres de la littérature fantastique et de l’anti-utopie (ou dystopie). Elle se présente comme les confessions anonymes d’un membre d’une organisation secrète obscure entretenant l’existence cachée d’un monde parallèle au notre, appelé « 3 mon Monde ». Les « Frères » et les « Sœurs » de « 3 mon Monde » ont tous juré une obéissance indéfectible à une mystérieuse entité s’apparentant à un dieu appelée, « La Voix ». Les conduite et mission de ces Frères et Sœurs menant en permanence une double vie sont dictées par les « Neuf Règles », et, ayant fait vœu de renoncer à la propriété matérielle individuelle, la majeur partie du fruit des longues journées de dur travail de ceux-là doit être consacrée au « Coffre ».

Les révélations de ces confessions plongeront le lecteur dans un univers oppressant, et parfois même effrayant."

 

Kindle (2011). Kindle (2011).
Editions du Livre de Poche n°3782, collection "La Grande Anthologie de la Science Fiction" (1983). Editions du Livre de Poche n°3782, collection "La Grande Anthologie de la Science Fiction" (1983).
Version Kindle, à paraître en mars 2011. Version Kindle, à paraître en mars 2011.

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