Dominique Raymond Poirier : "Grandoria"

 

« Grandoria » ou « Les Recettes de Tante Lucie »...

Je tiens ici à remercier l'auteur pour sa grande disponibilité.

Un de mes grands regrets depuis que j'ai conçu ce site ainsi que les blogs qui l'ont précédé, est le peu de textes français ou même francophones dont la thématique pose la question de la liberté.
Que ce soit du côté positif (qu'est-ce qu'une société libre ? Comment la faire advenir ?) ou du côté sombre (comment fonctionne une anti-utopie ? Comment en est-on arrivé là ?), peu d'écrivains français se sont sentis concernés par ces questions. J'exclue ici les innombrables textes gauchistes que l'on peut rencontrer dans la Science Fiction française qui promeuvent sans honte des idées collectivistes et donc totalitaires et qui ne font que montrer le conformisme intellectuel de leurs auteurs.
On trouve certes quelques tentatives d'anti-utopies comme « Globalia » de Jean-Christophe Rufin ou « Nord absolu » de Fabrice Lardreau. Ces textes commencent bien, on y trouve quelques idées intéressantes et puis, faute d'avoir une vision claire de ce que serait réellement une société libre, leurs auteurs se perdent dans des considérations et des explications conformistes car ils sont incapables de remettre en cause le collectivisme dans lequel de gré ou de force nous baignons tous. Les résultats en sont des textes ennuyeux et incohérents.
Car il y a une chose qu'il ne faut jamais oublier quand on parle de dystopie, c'est qu'une anti-utopie est par définition anti-collectiviste et anti-socialiste. La dictature ne tombe pas du ciel par hasard, par ignorance ou par maladresse. Elle est le résultat voulu et souhaité par des groupes d'hommes qui dépensent beaucoup d'énergie à la faire advenir et pour cela, tous les moyens leur sont bons. C'est quelque chose que l'on peut constater assez facilement  aujourd'hui en France : la lutte constante et acharnée que certains mènent contre la liberté ne connaît pas de trêve, c'est une lutte de tous les instants.
C'est ce que les grands auteurs du passé avaient déjà compris à leur époque.
Quand Hippolyte Verly publie en 1898 son roman « Les Socialistes au pouvoir », il ne fait que mettre en scène les conséquences logiques et inévitables de l'application des mesures préconisées par les programmes politiques socialistes de l'époque.
Quand en 1920, Eugène Zamiatine imagine le monde communiste décrit dans « Nous autres », il connaissait de l'intérieur (il en était membre) le parti bolchevique russe et il avait vu de ses yeux la mise en place de la dictature communiste en Russie.
A la fin des années 30, quand elle rédige « La Kallocaïne », l'écrivaine (sic) suédoise Karin Boyle a sous les yeux le résultat de plus de vingt ans de communisme en Russie et de près de dix ans de nazisme en Allemagne.
De la même façon, quand en 1948 George Orwell écrit « 1984 », il utilise tout ce qu'il sait de l'intérieur concernant le socialisme aussi bien théorique que réel.
Plus tard et dans un autre contexte, les frères Arcadi et Boris Strougatski se sont appuyés sur leur expérience de la vie quotidienne dans la Russie soviétique des années d'après-guerre pour rédiger leurs textes critiques (notamment « L'Ile habitée » et « L'Escargot sur la pente »).

« Grandoria » est donc un texte à peu près unique dans la littérature française en ce qu'il s'agit bien d'une anti-utopie dénonçant les idées et les pratiques des collectivistes d'aujourd'hui dans un contexte fictionnel.

 Dominique Raymond Poirier, dont c'est le premier roman, a longtemps travaillé dans la publicité. Il a ensuite été journaliste pigiste, puis rédacteur en chef de plusieurs magazines consacrés à la communication, et plus tard au renseignement et à la géopolitique lorsqu’il est appelé à entamer une scolarité à l'ENA. Supportant mal certains aspects de cette « honorable institution », il part pour les Etats-Unis où il demeure jusqu'en 2004. Quelques années après son retour en France, il se lance dans l'écriture de romans. Insatiable lecteur, il se passionne notamment pour la psychologie, la psychiatrie, les sciences du comportement humain, l'économie et la Science Fiction. Aujourd'hui il a déjà publié trois livres : une anti-utopie (« Grandoria »), un thriller sur le terrorisme islamique (« Le Cavalier d'Allah ») et un roman de Science Fiction (« Minutes »).

Le personnage principal de « Grandoria » s'appelle Richard Martin. Il a 40 ans au début du roman et travaille au Ministère des Affaires culturelles de Grandoria. Il est plus exactement sous-directeur du « Bureau de la Communication et des Média », un service spécial chargé d'organiser des campagnes de propagande gouvernementale en direction de la population. Célibataire, Richard Martin est un autodidacte qui ne doit son poste qu'à ses capacités. Il a un demi-frère, Peter Polycarpe, un riche industriel arrogant, inculte et prétentieux, membre important d'une obédience franc-maçonnique : la « Fraternité Philosophique Humaniste » dont l'influence dans les affaires de la Grandoria est considérable.
Peter Polycarpe est marié à Lydia Polycarpe dont il a deux enfants et qui jouera un rôle important dans le cours du roman.
A un moment où la Grandoria subit une grave crise budgétaire, le service de Richard Martin est fermé et celui-ci se retrouve au chômage. Commence alors un jeu du chat et de la souris dans lequel les services secrets grandoriens tentent de pousser Richard Martin à bout, voire au suicide car de par les informations qu'il détient, il est devenu dangereux pour le régime. Heureusement pour lui, Richard reçoit d'une source mystérieuse un fichier électronique intitulé « Les Recettes de tante Lucie » (qui mériterait bien d'être édité à part tellement il est intéressant) qui est en fait un ensemble d'informations sur les méthodes utilisées par les services secrets grandoriens accompagné de conseils pour leur résister. Ce document permettra à Richard Martin de tenter de résister aux sbires du régime...

Dans ce roman, Dominique Raymond Poirier raconte également une histoire parallèle : celle de Kamel Bouaf, un jeune homme brillant qui veut devenir pilote d'avion. Fils d'immigrés d'Afrique du Nord, Kamel va être victime d'une machination des services secrets grandoriens qui par manipulation vont le transformer en terroriste islamiste prêt à sacrifier sa vie et à massacrer des innocents. Les passages racontant la vie de Kamel Bouaf ont d'ailleurs été édités à part par l'auteur et une fois les références à Grandoria modifiées, cela donne le deuxième livre de l'auteur : un excellent roman autonome publié sous le titre « Le Cavalier d'Allah ».

Mais qu'est-ce que la Grandoria ?
La Grandoria est un pays imaginaire situé en Europe de l'Ouest. Il ressemble beaucoup à la France mais des emprunts à d'autres nations sont repérables. Par exemple, comme le président des Etats-Unis de notre monde, le président - ou la présidente - de la république a un droit de véto concernant les lois votées par le Sénat (page 528).
Richard Martin fait des conférences sur la communication à « l'Ecole Supérieure de la Fonction Publique » , une copie conforme de l'Ena (chapitre 3). Dans les rues, roulent des Wingos, mais aussi des Trabans (pages 246 et 263, d'après la marque de voitures typique de l'ancienne Allemagne de l'Est communiste).
La population est divisée en deux groupes : les inclus qui forment l'élite contrôlant le pouvoir et à qui les meilleures places sont réservées même en cas d'incompétence manifeste et les exclus, qui doivent représenter plus de 95 % de la population et qui ne sont là que pour être exploités et manipulés par les inclus.
Autour de la Grandoria, existent d'autres pays dont certains existent dans notre monde (comme les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Venezuela et la France) et d'autres qui diffèrent de ce que nous connaissons (le Méricaa - apparemment une sécession des Etats-Unis -, l'Isbérie - peut-être une Lituanie alternative dont les forces militaires ont occupé dans un passé récent la Grandoria -, l'Ouest-Anglie - peut-être une partie de la Grande-Bretagne que nous connaissons).
Politiquement, la Grandoria est une démocratie dans laquelle les nuances politiques collectivistes de la France actuelles sont reconnaissables avec une gauche et une droite, une extrême-gauche (page 572) et une extrême-droite (page 588) et des idées écologistes toujours plus envahissantes. Il existe également un petit Parti Radical, petit par la taille mais proche de la Fraternité Philosophique Humaniste et donc très influent.
Une différence cependant : il existe un Parti Libéral (page 234) dont malheureusement l'auteur ne nous dit pas grand chose.
Comme dans notre pays, la Grandoria est censé défendre et encourager les libertés individuelles comme la liberté d'expression et la liberté d'entreprise mais dans les faits l'individualisme est stigmatisé et fortement combattu (pages 242 , 247 et 283), le secteur « public » et la bureaucratie sont envahissants et les grosses entreprises privées, ou censées l'être, sont en fait aux ordres de l'Etat central.
Les élections sont apparemment libres mais le système est très bien verrouillé et les élus sont forcément des amis du pouvoir. Même les réformes rendues nécessaires par la grave crise économique que connaît la Grandoria sont des réformes en trompe l'oeil et on peut prévoir sans grand risque de se tromper que leurs effets seront éphémères et ne feront que renforcer le pouvoir de ceux qui l'ont déjà...

En dehors de la Grandoria, l'univers décrit est assez peu différent du notre. Des auteurs comme Nietzsche (cité page 489), Sénèque (page 495), Mark Twain (page 505), Max Weber (page 646), John Locke (page 661 et 662 : à lire absolument !) et Boris Vian (page 685) ont vécu dans ce monde parallèle comme ils ont vécu dans le notre. On y rencontre aussi des personnages qui font penser à des personnes connues aujourd'hui comme le chanteur très populaire Wayne Stoggler (Johnny Halliday ?) qui cherche à émigrer en Chine pour payer moins d'impôts (pages 498 entre autres) ou un couple assez amusant composé de Natalia Mansourati, une actrice plus si jeune et sur le déclin (même si elle ne s'en aperçoit pas : Arielle Dombasle ?) et d'André Mellani-Canot, un « philosophe » médiatique (Bernard-Henri Lévy ? - page 227 et suivantes). Une allusion à Claude Allègre, géochimiste et ancien ministre, est également reconnaissable page 665.
Des phénomènes plus anecdotiques mais parfois révélateurs sont également passés d'un monde à l'autre comme l'adjectif « abracadabrantesque » (page 523) ou le mot « souchiens » (pages 372 et 463) pour désigner les autochtones.

Dominique Raymond Poirier intègre également à son récit les péripéties de la « loi Sapin » votée en France en 1992 (page 368), du nom d'un ministre socialiste du moment. A l'époque, certains lobbies et le pouvoir politique ont décrété que les agences de publicité gagnaient trop d'argent et qu'il fallait « moraliser » - comme ils disent - la situation. Sans rentrer dans les détails, l'application de cette loi s'est traduite par plusieurs milliers de licenciements et la faillite de pas mal de petites entreprises de publicité. C'est un exemple parmi beaucoup d'autres malheureusement de l'arbitraire politique dont les effets sont soit d'empêcher les gens de mener librement leur vie et leurs projets, soit de protéger les amis du pouvoir. Rien de bon dans tout cela en tout cas.

L’intégration dans le corps du récit de l'idéologie et des pratiques du régime grandorien est excellemment réussie par l'auteur (notamment page 638 et suivantes) et le cynisme - mais aussi l'efficacité - des dirigeants fait froid dans le dos.
Sans trop en dévoiler ici - après tout, c’est un des grands intérêts de ce texte que de découvrir peu à peu le fonctionnement de cette « dictature éclairée » - l'idéologie du pouvoir politique de Grandoria s'inspire notamment du saint-simonisme, du nom de Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon (1760-1825) dit plus simplement « Saint-Simon ». Philosophe collectiviste illuminé, Saint-Simon a défendu une doctrine selon laquelle les « savants » devaient dominer le monde. Sa haine des libertés individuelles et sa volonté d’organiser autoritairement la société au nom des bons sentiments en font un précurseur des socialistes (au sens large) des XXè et XXIè siècles.
Quant aux méthodes utilisées par le pouvoir grandorien, il s’agit des méthodes utilisées par la publicité. Elles relèvent d'un behaviorisme et d'un environnementalisme poussés : l'être humain est malléable et si on lui applique les bons stimuli, il réagira comme on le désire. Ça ne marche pas à tous les coups mais ça marche suffisamment souvent pour que le régime n’ait pas à craindre une prise de conscience de la population suivie d’une révolte.

« Grandoria » est donc un roman très riche. Très bien écrit, il se lit d’une traite même si sa longueur oblige à faire des pauses dans cette plongée dans un univers parallèle. L'auteur utilise dans ce roman une incroyable quantité de sources différentes allant de l'économie à la psychiatrie, en passant par la philosophie politique et l'histoire des idées. Tout cela au service d'une intrigue prenante mettant en scène des personnages hautement crédibles.
Par rapport aux anti-utopies plus anciennes, l’auteur modernise la problématique du recul des libertés individuelles et de la mise en place d’un régime autoritaire. Sans goulag ni camp de concentration cette « dictature soft » fait pourtant bien des victimes et donc des morts qui ne seront jamais comptabilisés comme victimes politiques. L’auteur rend palpable la tension et l’étouffement dont sont victimes les habitants des régimes sociaux-démocrates et démonte avec brio les mécanismes du fonctionnement d’un régime étatiste qui au nom de l’intérêt général défend avec acharnement les intérêt de groupes particuliers bien organisés (ça ne vous rappelle rien ?). Par ailleurs, la fin ouverte du roman laisse augurer d'une suite (que j'attends donc avec impatience)...
Dominique Raymond Poirier dont c’est, je le rappelle, le premier roman, a réussi un coup de maître, un futur classique dans le domaine de l’anti-utopie et donc de la littérature. Je ne peux que lui souhaiter le succès que ses livres devraient lui apporter, même si le fait d’être édité par Amazon.com risque d’être un handicap. La chasse est d’ailleurs ouverte : qui dans les grands média prendra le risque de parler de « Grandoria » ?

Sylvain

Citations :

 

« Le contrôle total, et désormais plus strict que jamais, des secteurs de la publicité et de la presse avait mené à un contrôle similaire de la branche de l'édition. Car, en effet, un livre n'avait de chance de se vendre que grâce à un minimum de promotion et de couverture médiatique. Cela avait conduit à une publicité, toujours garantie d'avance, des autobiographies et tentatives littéraires des stars du journalisme, des représentants de l'élite politique grandorienne et de celle du spectacle, et aussi d'une petite minorité de penseurs et écrivains consacrés par les premiers. Ceux qui n'appartenaient pas à ces catégories devaient se contenter de quelques lignes en bas de page s'ils avaient de la chance, et de critiques aussi désespérées que dithyrambiques dans quelques blogs et sites Internet lues par de petites minorités. »

Dominique Raymond Poirier : "Grandoria" pages 369 et 370.

 

« Le truc des sociétés basées sur le progressisme, c'est de faire main basse sur la plus-value de chacun pour la redonner à ceux qui ne pourraient pas faire grand chose de bien utile sinon... La redonner à des types comme Peter, qu'on avait bombardé directeur commercial alors qu'il était un cancre doublé d'un petit escroc. C'est un truc qui est un vol pur et simple, parce qu'on ne demande pas à tous ces gens qui travaillent s'ils sont d'accord pour suer pour les autres plutôt que pour eux-mêmes... On ne veut surtout pas les laisser utiliser cette plus-value pour s'acheter des biens et des services, et donc créer du travail hors du contrôle de l'Etat. L'Etat veut contrôler ça aussi, quitte à mener le pays à la ruine et à la misère, exactement comme ça se passe dans ce pays... »
Dominique Raymond Poirier : "Grandoria", page 654.

« (…) Le gain ne leur suffit pas curieusement. Ils pourraient arriver au même résultat sans aller jusqu'à en faire des tonnes comme ça, bien souvent. Seulement non... Il faut obligatoirement, on dirait, que ce soit aussi cynique et amoral que possible. Au point qu'on pourrait se demander si les moyens ne sont pas plus importants pour eux que la fin. Ce qu'ils recherchent toujours – je n'ai encore jamais vu une exception dans toutes leurs arnaques – c'est qu'elles soient accompagnées d'une grande souffrance morale pour leurs victimes. Ça ne t'a pas frappée ?
(...)
- Moi, si, ajouta-il. C'est pourquoi j'en suis maintenant arrivé à me demander si le critère véritablement important, pour être admis chez les Philosophes-humanistes, ce ne serait pas une déficience mentale particulière à laquelle personne ne fait attention, mais que eux repèrent rapidement puisque c'est une caractéristique qu'ils partagent en commun, justement.
Les criminels s'associent bien entre eux. Pourquoi pas les narcissiques et les psychopathes ? C'est bien un critère de sélection pour être officier traitant et accomplir les basses besognes, au Ministère de l'Action citoyenne... Alors pourquoi pas là aussi... Ils ne sont pas plus bêtes que d'autres, à part leur déficience mentale... Même les gangsters s'en moquent, se savoir ou pas que leur victime souffrent, dés l'instant qu'ils ont le fric.
Mais pour les Philosophes-humanistes, c'est important, jusqu'à preuve du contraire... Un individu équilibré, ce serait au-dessus de ses forces morales, de son entendement, de faire des trucs pareils. Ça l'empêcherait de dormir la nuit, après. Il deviendrait dépressif. Mais pas eux, bizarrement. Eux, ça les fait rire, au contraire. Imagine qu'un psychopathe et un narcissique se mettent d'accord. Qu'ils se disent un truc du genre, « les gens nous détestent pour ce qu'on est, mais nous on est quand même plus fort qu'eux. On peut faire des trucs qu'eux ne peuvent pas. Ce sont des faibles, des agneaux inoffensifs et vulnérables. Si on fait équipe et qu'on cherche d'autres personnes comme nous pour constituer une bande ; alors en bande organisée on va faire des ravages... On va prendre notre revanche sur ces faibles qui se croient normaux et mieux équilibrés que nous, et on va les soumettre à notre volonté. Ce sont eux qui seront alors les anormaux, enfin. Et nous, nous serons les chefs. » Ça ne te paraît pas possible, ça ? »
Dominique Raymond Poirier : "Grandoria", page 707.

Liens :

 

- Le site de Dominique Raymond Poirier avec une présentation de ses livres ;

- Grandoria, le site ;

- Grandoria sur Facebook ;

- la page Amazon.com consacrée à Grandoria ;

- quelques mots sur "Minutes" et sur "C.A.S.P.E.R.", deux romans de Science Fiction de l'auteur ;

- ma présentation de "3 mon Monde", nouveau roman de Dominique Raymond Poirier dans lequel la thématique de l'anti-utopie est très présente.

 

"Grandoria" : projet de couverture non retenu. "Grandoria" : projet de couverture non retenu.

Post-scriptum du 3 novembre 2010 : Grandoria devient gratuit !

Je reproduis ici un message de Dominique Raymond Poirier posté sur la page Facebook de "Grandoria" :

 

"Grandoria ayant été l’objet de multiples formes de dénigrements par ses détracteurs dans le but, avoué en certaines circonstances, de prévenir ses ventes, ce livre est désormais disponible gratuitement sous la forme d’un fichier Acrobat .pdf à l’adresse suivant cette annonce. Ainsi, tous ceux qui l’on négativement crit iqué jusque là, sans même l’avoir lu à l’évidence, pourront enfin juger sur pièce sans bourse déliée. Etant donné que même le best-seller américain, Atlas Shrugged, fut l’objet des mêmes attaques par les mêmes personnes durant plus d’un demi siècle, ce qui en empêcha ses traduction et publication en langue française jusqu’à ce jour, il est évident que Grandoria ne sera jamais distribué en France.

Aux autres, je souhaite une bonne lecture."

 

Le téléchargement de ce roman est donc disponible ici.

Qu'ajouter de plus ? Sinon que le comportement de certains a été - je peux en témoigner - absolument lamentable de bêtise et d'intolérance. Il ne fait pas bon aujourd'hui en France d'exprimer des idées différentes et contestataires. Une chape de plomb s'est abattu sur une bonne partie de la gauche française qui me paraît prête malheureusement pour une nouvelle tentation totalitaire.

S'il publiait aujourd'hui en France son roman "1984", George Orwell serait sans doute insulté, trainé dans la boue et censuré. Aujourd'hui, ce n'est pas possible alors on va plutôt tenter de le récupérer en expliquant par exemple que non, "1984" n'est pas une dystopie anti-socialiste, ce qui ne peut que faire rire ceux qui ont vraiment lu ce roman.

Ce qui arrive à Dominique Raymond Poirier était hélas prévisible mais avec Internet, la censure est plus difficile à exercer et ne peut fonctionner qu'un temps limité. Je redis ici mon admiration pour "Grandoria" et pour son auteur qui a écrit un classique qui peu à peu s'imposera dans les Lettres françaises. Un futur classique dont je conseille vivement la lecture à toute personne de bonne volonté et à tout "honnête homme" du vingt et unième siècle.

A bientôt,

Sylvain


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Commentaires: 2

  • #1

    patricia (vendredi, 04 mars 2011 17:34)

    En effet, la lecture de Grandoria ne laisse pas indemne, ce que l'on pouvait pressentir devient étrangement évident ... Je ne saurais que vivement recommander cette lecture puissante et intelligente.

  • #2

    Ibrahim (vendredi, 13 janvier 2012 10:36)

    Excelllentissime bouquin que je recommande vivement ! Lecture indispensable et nécessaire afin de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et comment il est gerer...
    Je ne peux que recommander de le lire et vite !

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