Alain Broutin et Frédéric Stehr : "Calinours va faire les courses"
L’école des loisirs (1988 et 2001).
Calinours est un petit ourson bien connu des enfants à travers plusieurs albums comme « Calinours se réveille » à propos de l’arrivée du printemps ou « Calinours va à l’école. Je voudrais attirer ici
l’attention sur l’album « Calinours va faire ses courses » dont le récit présente de manière positive le commerce et les échanges libres, ce qui n’est pas si fréquent.
Un jour, son panier dans une main et une pièce d’or dans l’autre, Calinours va faire ses courses. Dans la première partie de l’histoire, il va acheter successivement du miel aux abeilles, des pommes
de terre au hamster, de la laitue à la tortue, un sac de farine à la fouine, des berlingots à la poule d’eau et un sac de riz à la souris - ça rime et c’est fait exprès, beaucoup d’albums pour enfant
adoptent ce principe. Calinours a dépensé tout son argent, son panier est bien lourd et fatigué, il s’endort. Il est réveillé par le blaireau qui lui propose d’échanger sa farine contre un beau
chapeau. Calinours accepte et se rendort... pour être réveillé par la perdrix qui lui propose d’échanger une de ses plumes contre le sac de riz. Calinours accepte encore, il met la plume sur son
chapeau et se rendort.
C’est le dindon qui le réveille pour la troisième fois pour lui demander d’échanger un noeud papillon contre la laitue. Calinours dit oui et comme maintenant il a faim, il mange son miel et les
berlingots. Il reprend sa route et rencontre bientôt le sanglier qui lui échange ses pommes de terre contre un nez de clown. Calinours est ravi. Un peu plus tard, il donne son panier (qu’il a
fabriqué lui-même) à l’hirondelle qui va en faire un nid pour ses amis. Pour le remercier, elle lui remet une pièce d’or.
Calinours retournera demain faire ses courses. En attendant, il coupe de l’osier et commence à fabriquer un nouveau panier...
Beaucoup de bonnes choses dans ce récit : le commerce, les échanges volontaires qui se traduisent par un mieux-être pour ceux qui les pratiquent et la monnaie. Calinours travaille, il achète, il
échange et à la fin, il a plus qu’il n’avait au départ et a été nourri sans que personne n’en souffre. La seule chose qu’il ne fait pas, c’est vendre son panier à l’hirondelle. Sans doute que cet
acte, pourtant logique vu l’histoire aurait été trop « économiquement incorrecte ».
Nous savons bien que le commerce libre et les échanges volontaires n’ont pas bonne presse dans notre société. Ce sont pourtant les seuls moyens connus d’augmenter la liberté et la prospérité de
tous.
Sylvain
P.S. : pour une exploitation pédagogique plus classique, on pourra se référer au dossier "Autour d'un album : Calinours va faire les courses" paru dans le magazine "La classe maternelle" n°106
(février 2002).



