16-04-10 : Education nationale : avant et après la grève…

Imprimé reçu aujourd'hui même. Imprimé reçu aujourd'hui même.

 

Dans l’Education nationale, beaucoup de choses fonctionnent bizarrement. C’est inévitable et normal dans une gigantesque structure bureaucratique, ce que l’Education nationale est d’abord.
Dans l’Education nationale, le droit de grève est reconnu, rien de surprenant, mais on se demande parfois si le droit de non-grève l’est aussi.
Par exemple, quand vous ne faîtes pas grève dans une école, vous êtes sensés accueillir les élèves des collègues grévistes qui se présentent à l’entrée de l’école. C’est théoriquement un droit pour les familles que leurs enfants soient ainsi accueillis. Sur le terrain, on note une certaine mauvaise volonté - euphémisme - à appliquer ce règlement. Personne n’a envie de se retrouver devant 30, 35 ou 40 élèves…
Cette mauvaise volonté bien compréhensible est sans doute une des raisons de l’évolution récente du droit de grève dans les écoles. Désormais, les enseignants de primaire qui veulent faire grève doivent le déclarer à l’inspecteur départemental (qui est notre vrai supérieur hiérarchique) quelques jours avant le jour de grève. Les municipalités sont informées de façon non nominative des prévisions du nombre d’enseignants grévistes et doivent alors organiser un service de garde pour les familles concernées qui n’ont pas d’autre moyen de garde pour leur(s) enfant(s). Ceci dit, cette information donnée à l’inspecteur n’est pas impérative : rien n’empêche un enseignant de dire qu’il va suivre l’appel à la grève et finalement de ne pas le faire le jour venu…
Pour revenir au côté bureaucratique des choses, l’Education nationale n’a aucun moyen de vérifier sur le terrain qui fait grève et qui ne fait pas grève. Nous recevons donc quelques semaines après le jour de grève un imprimé administratif qui fait que ce sont les non-grévistes qui doivent se déclarer comme tels. Ce sont donc les non-grévistes qui subissent cette forme de harcèlement administratif. Paradoxe mis en place par une administration qui tente désespérément de contrôler la situation alors qu’en fait, elle ne contrôle pas grand-chose.
La perversion du système ne s’arrête pas là puisque théoriquement, rien n’empêche un gréviste de se déclarer par la suite non gréviste et de cumuler ainsi les avantages d’une journée de repos et d’un salaire intact mais c’est sans doute mon mauvais esprit qui me fait évoquer cette possibilité…
A bientôt,
Sylvain

 

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Commentaires: 2

  • #1

    Jérôme (jeudi, 24 février 2011 22:30)

    Je pense qu'il faudrait que tous les enseignants le fasse pour montrer les faiblesses du système...

  • JimdoPro
    #2

    tupeuxcourir (jeudi, 24 février 2011 22:34)

    En fait, depuis ce texte, les choses ont encore un peu changé puisque maintenant la gestion de ces petits papiers de non grève est assurée par les inspections départementales - et non plus par l'inspection académique - qui sont quand même beaucoup plus proches des écoles. Sans doute un nouveau moyen pour tenter d'éviter les abus...

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