19-11-09 La grippe H1N1, la liberté d'expression et l'Education nationale

 

Après avoir tenté avec plus ou moins de succès de vacciner les "groupes à risques", l'Etat lance maintenant la vaccination contre la grippe H1N1 en direction des écoliers de maternelle et d'élémentaire. Les enfants dont les parents le désirent ne seront pas vaccinés dans les écoles mais dans les centres de vaccination mis en place un peu partout actuellement,

Je ne vais pas discuter ici des bienfaits possibles ou des dangers potentiels de cette vaccination. Les informations sont contradictoires et bien malin qui a des certitudes aujourd'hui - y compris chez les "professionnels de santé" comme on dit, parlez-en à deux médecins et vous aurez deux avis différents...
Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est la façon dont les choses sont présentées aux enseignants qui doivent servir d'intermédiaires à la diffusion de l'information.
Nous avons reçu plusieurs documents. Tout d'abord un mode d'emploi à remettre aux familles à propos de la campagne de vaccination en cour détaillant notamment les étapes de la vaccination. Ce mode d'emploi contient la phrase suivante :

"La vaccination des enfants est fondée sur une démarche volontaire. Il vous appartient en pleine responsabilité d'en décider ;"

Dont acte.

Nous avons également reçu un message de l'inspecteur d'académie expliquant que les écoles sont traditionnellement des foyers importants de transmission des maladies, que le virus de la grippe H1N1 touche particulièrement les enfants et donc que la campagne de vaccination actuelle est très importante. Il nous est demandé de faire passer l'information aux familles via le premier document dont je parlais.

Et puis ça devient intéressant à la fin. L'inspecteur d'académie écrit en effet :

"Je demande aux directeurs comme aux adjoints d'adopter une position de stricte neutralité en fournissant aux parents d'élèves ces informations, en leur laissant l'exercice plein et entier de leur responsabilité et en évitant toute parole ou toute prise de position individuelle qui, portant un excès ou un doute, pèserait sur leur choix.
Je sais pouvoir compter sur votre sens du service public (...)."


(A noter que les "adjoints" sont les enseignants de maternelle et d'élémentaire qui ne sont pas directeur ou directrice.)

Il est clair tout d'abord que l'inspecteur d'académie surestime grandement l'influence des enseignants sur les parents. Le temps où l'instituteur était - à égalité avec le curé - l'intellectuel du village est heureusement révolu depuis longtemps.
Ensuite, on peut noter des signes de panique chez ceux qui nous gouvernent. Face à la vaccination d'Etat, la première réaction de la population est une réaction de méfiance, ce qui est très bien. On ne sait pas si le vaccin sera efficace ; comme il y en a plusieurs, on ne sait pas lequel choisir ni même si on pourra choisir ; avec adjuvant ?, sans adjuvant ? ; en plus, il y a plusieurs adjuvants utilisés dont certains ne sont pas bien connus ; les vaccins sans adjuvant semblent moins dangereux mais ils ne sont pas encore disponibles, ils vont peut-être d'ailleurs arriver trop tard et ils sont moins efficaces ; quid des femmes enceintes ? etc., etc., etc.
Ce n'est sans doute pas le cirque Roselyne Bachelot qui va rassurer la population...
Une réponse donc de l'Etat : imposer le silence à ceux dont on suppose qu'ils seront sensibles à l'argument d'autorité. Aujourd'hui, c'est une simple "demande" mais c'est quand même une nouvelle atteinte à la liberté d'expression.
Et demain ? Sanctionnera-t-on les dissidents qui oseront s'exprimer ? Rendra-t-on obligatoire la vaccination contre la grippe ?
Le simple fait de demander le silence dans les rangs est inquiétant pour l'avenir.

Nous avons reçu un troisième document signé de l'inspecteur départemental cette fois-ci. L'inspecteur départemental de l'éducation nationale (IDEN) occupe une situation intermédiaire entre les enseignants et l'inspecteur d'académie. C'est lui qui est en contact direct avec les écoles et qui est le vrai supérieur hiérarchique des enseignants.
Dans son message, l'inspecteur départemental attire notre attention sur la note de l'inspecteur d'académie et souligne qu'il est particulièrement important de transmettre les informations du premier document aux familles. Comme quoi, il y a quand même des priorités et l'IDEN ne reprend pas forcément à son compte le silence dans les rangs souhaité par l'autre inspecteur...

Ce dernier message se termine sur une note d'humour involontaire car comme tout cela passe par Internet, le dernier message de l'IDEN porte la mention :

"Ce message est certifié sans virus connu. Analyse effectuée par AVG".

Ouf !

Sylvain

 

Post scriptum du vendredi 20 novembre 2009 : où l'on voit l'inspection académique en remettre une couche...

 

L'inspecteur d'académie a donc envoyé un nouvel e-mail aux écoles, aux collèges et aux lycées au cas où le message précédent n'aurait pas été assez clair. Il écrit :

 

"Je me permets de vous rappeler avec insistance que seule la Préfecture est habilitée à communiquer sur toutes questions et informations concernant la grippe A H1/N1 et tout particulièrement sur :


- la nature des grippes ;

- le nombre des cas validés H1/N1 ;

- les décisions de fermeture de classe, d'écoles ou d'établissements scolaires


Comptant toujours autant sur votre implication, je vous demande de respecter cette consigne avec la plus grande rigueur."

 

Une discussion informelle avec des parents d'élèves comme cela se produit tous les jours - surtout en maternelle - devient donc un acte de communication quasi officielle et se trouve alors soumis à l'arbitraire administratif...

Jusqu'où ira le pouvoir politique dans sa volonté de museler la population ? Tout devient prétexte à limiter la liberté d'expression, le but étant de laisser les gens seuls face aux médias subventionnés et aux ordres.

A bientôt,

Sylvain

 

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