25-05-04 Dysfonctionnement ?
Une des choses qui paraît toujours étrange aux personnes extérieures au système est le poids des syndicats dans l’Education nationale. Alors que les syndicats dits « représentatifs » sont très peu
présents dans les entreprises privées, un nombre encore significatif de personnes travaillant dans le public sont encore syndiquées. Bien sûr, on est loin des années soixante ou soixante-dix où
peut-être 80 % des enseignants étaient syndiqués, presque tous dans le même syndicat d’ailleurs. On peut sans doute avancer le chiffre maximum de 30 % d’enseignants actuellement syndiqués dans une
demi-douzaine de syndicats différents car « l’offre » s’est beaucoup diversifiée, du moins en apparence. Ce chiffre de 30 % fait contraste avec les 2 à 3 % de travailleurs syndiqués en moyenne
nationale...
L’un des effets pervers hérité du monolithisme syndical qui régnait jadis dans l’Education nationale est la cogestion et parfois même la gestion de fait exercée par le syndicat majoritaire.
Depuis longtemps par exemple c’est « le syndicat » qui informe les personnels du résultat des mutations ou des changements de poste, les courriers officiels de l’administration arrivant bien plus
tard. Je pensais que ce système était un peu en perte de vitesse mais un exemple très récent m’a montré que non.
Il existe chez les enseignants du premier degré (qui regroupe maternelle et élémentaire) deux statuts différents : l’ancien statut d’instituteur et le nouveau statut de « professeur des écoles » mis
en place par Lionel Jospin quand il était ministre de l’Education nationale à la fin des années quatre-vingts. Je n’entrerai pas ici dans le détail des différences entre les deux statuts. Tous les
nouveaux enseignants du premier degré sont d’office « professeurs des écoles » alors que les instituteurs à l’ancienne peuvent le devenir par concours ou par liste d’aptitude.
Etant enseignant depuis plus de vingt ans, j’étais bien entendu instituteur et j’ai demandé cette année mon intégration dans le corps de professeur des écoles. Et alors me direz-vous ? Eh bien, ce
que je voudrais relever ici c’est la façon dont j’ai été avisé de l’acceptation de mon intégration ! J’ai reçu à l’école un courrier du SNUIPP (le « Syndicat national des instituteurs et professeurs
des écoles » ) qui est majoritaire aux élections professionnelles du premier degré, qui fait partie de la FSU et qui est d’obédience communiste.
Le courrier reçu ressemble à un tract et se conclue par le message suivant :
« LE SNUIPP T’INFORME, LE SNUIPP DEFEND LES REVENDICATIONS DES PERSONNELS, REJOINS LE SNUIPP. »
Les capitales sont bien dans le texte et un bulletin d’adhésion est glissé dans l’enveloppe.
Faut-il s’étonner qu’un syndicat communiste fasse le travail de l’administration et en profite pour faire sa propre propagande ? Faut-il s’étonner de la connivence ou de la complicité qui unit des
nostalgiques de l’URSS et l’administration de l’Education nationale ?
Sylvain



