Stéphane Courtois : "Du passé faisons table rase !"
Ed. Robert Laffont (2002) ;
réédition chez Pocket (à paraître).
« Le livre noir du communisme » est un gros volume publié en 1997. Une demi-douzaine d’historiens tentaient sous la direction de Stéphane Courtois de faire le bilan du communisme sous l’angle de la
violence qu’il a exercé partout où il a pu : le sous-titre du livre était d’ailleurs « Crimes, terreur, répression ».
L’accueil a été pour le moins mouvementé. En France, relativement peu de voix se sont élevées pour souligner le sérieux du travail de ces historiens et la qualité de leurs recherches. En revanche, la
plupart des journalistes et intellectuels de gauche se sont acharnés sur les conclusions de Stéphane Courtois qui devant l’omniprésence du crime dans le communisme tentait de comprendre le pourquoi
de toute cette violence. Il a été insulté et traîné dans la boue comme personne depuis les grandes heures du stalinisme triomphant.
Depuis, le temps a passé et le « Livre noir » a été publié dans 25 pays. Bien souvent, la traduction a été complétée par un chapitre qui fait le point sur les crimes communistes dans le pays en
question.
Le livre publié en octobre 2002 sous le titre
« Du passé faisons table rase ! Histoire et mémoire du communisme en Europe »,
toujours sous la direction de Stéphane Courtois et toujours aux éditions Robert Laffont est organisé autour de la traduction en français de ces « suppléments » qui représentent un peu plus de la
moitié du livre. On a ainsi de nouveaux chapitres de l’histoire des crimes communistes consacrés à l’Estonie, à la Bulgarie, à la Roumanie et à l’ex-Allemagne de l’Est. S’ajoutent encore un chapitre
sur le communisme italien et un chapitre consacré aux communistes grecs.
La deuxième moitié de l’ouvrage est constituée d’une part par une longue introduction de Stéphane Courtois qui fait le point sur la question et qui répond à certains de ses détracteurs et, d’autre
part, par des chapitres plus généraux qui examinent l’usage de la violence par les communistes.
Si vous vous intéressez à l’histoire du communisme - et qui pourrait y être indifférent ? - ce livre est passionnant et tout aussi terrifiant d’ailleurs que le « Livre noir ». Nous savons tous que
les communistes ont commis des crimes atroces mais là, on se rend compte que la réalité était encore bien pire que ce que nous croyions.
L’amnésie à l’égard des crimes du communisme et la complaisance envers cette idéologie que l’on rencontre encore trop souvent sont vraiment inacceptables.
Sylvain
Références complémentaires :
- « Un pavé dans l’histoire : le débat français sur "Le Livre noir du communisme" » de Pierre Rigoulot et Ilios Yannakakis (Laffont, 1998) ;
- « "Le Livre noir du communisme" en débat : les critiques, les auteurs, mémoire et jugement », revue « Communisme » n°59-60 (éd. L’Age d’Homme, 2000).
Tu peux courir !


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