Colin Tudge : "Néandertaliens, bandits et fermiers"
Sous-titre : « Les origines de l’agriculture »
Editions Cassini », col. « Le sel et le fer » (2002).
Edition originale : « Neandertalians, bandits and Farmers. The origins of Agriculture » (1998).
Traduit de l’anglais par Oristelle Bonis.
Lors d’une sortie à Samara, j’ai acheté ce petit livre d’une soixantaine de pages à la boutique du musée. Je l’ai lu évidemment et je l’ai trouvé
bien intéressant.
Colin Tudge se pose la question de savoir pourquoi nos ancêtres à un certain moment se sont mis à cultiver la terre alors que ce travail exige un labeur pénible et incessant et que les premiers
agriculteurs étaient en moins bonne santé physique que leurs ancêtres chasseurs-cueilleurs.
Il pense que pendant les milliers d’années précédant l’apparition des preuves de pratiques agricoles dans les traces archéologiques, l’être humain a pratiqué une sorte de « proto agriculture ». Cette
dernière expliquerait le succès écologique des hommes du Paléolithique et la disparition de nombreuses espèces de vertébrés de grande taille (oiseaux géants, mammouths, carnivores géants,
etc.).
Cette proto agriculture consiste en interventions volontaires des hommes visant à favoriser les espèces animales et végétales qui l’intéressent. Elle est intermittente, variable selon les endroits,
le climat et même selon les individus et laisse très peu de traces archéologiques. Elle vient en complément des activités de chasse et de cueillette habituelles.
Colin Tudge propose aussi l’hypothèse que les hommes de Neandertal ne connaissaient pas cette proto agriculture et qu’ils ont subi le sort des grands vertébrés que l’homme a rencontrés sur son chemin
: la disparition due notamment à la raréfaction de leurs proies habituelles.
La révolution néolithique, c’est à dire l’apparition d’une agriculture systématique dont l’homme n’allait plus pouvoir se passer, demande toujours une explication.
C. Tudge commence par expliquer que lorsqu’on commence à cultiver la terre, la quantité de nourriture augmente, donc la population aussi, ce qui fait qu’on ne peut plus arrêter ensuite de cultiver.
C’est un cercle vicieux.
Ensuite, l’auteur propose une relecture de la Bible, en particulier de la Genèse et fait l’hypothèse que le jardin d’Eden est un lointain souvenir de la vie facile de nos ancêtres dans une zone qui
est actuellement sous les eaux au large de l’Irak. A l’époque des glaciations, le niveau des mers était bien plus bas qu’aujourd’hui et cette région du monde aurait été très propice à l’homme. Plus
tard, au moment de la fin des glaciations, cette région a été submergée et les hommes qui l’habitaient ont du fuir vers des régions moins hospitalières. Pour survivre, ils ont été obligés de se
mettre en quelque sorte à l’agriculture à plein temps...
Il y a beaucoup d’autres choses encore dans ce petit livre très dense. Une lecture stimulante en tout cas.
Sylvain



